I

Victoria

 

2010. Robert Wysocki

Ford Motor Company’s Crown Victoria, once a staple of the American passion for manifest destiny has evolved/devolved away from the every man; becoming the Interceptor, co-opted by the keepers and movers of the everyman, namely: law enforcement and taxis.

This appropriation of the American dream has taken detours to the ‘hood; used police cars bought at auction by gang and gang affiliates in South Central Los Angeles, as well as by the West Coast punk class, both groups unique interpretations of European exports to the U.S. and both actions an overt commentary on the vessel’s projection of power and persuasiveness.

 

Renaud Patard, of French extraction, examines the subject of power, its use, its abuse through refinement of its forms. What Patard cleanly posits is the distillation of these symbols; bringing forth the refined and sterilized fear, respect and expectation of the Crown Victoria Interceptor; delivering the promise of power and imposed vulnerability intact for the viewer to feel.

La « Crown Victoria », fleuron de la compagnie Ford Motor et élément incontournable de cette passion américaine pour scénariser le destin, a évolué loin des circuits commerciaux traditionnels.

Devenir « the Interceptor » (être celui qui intercepte), est une notion cooptée par ceux qui protègent et déplacent l’individu, à savoir : la police et les taxis. Cette appropriation du rêve américain a fait un détour par le ghetto, où d’anciennes voitures de police dégriffées sont vendues aux enchères aussi bien à des gangs de Los Angeles qu’aux Punks de la cote Ouest. Ces deux groupes ont une vision typique des croisements entre l’Europe et les États-Unis et projettent par la même des interprétations singulières du pouvoir et de la persuasion.

 

Renaud Patard, avec sa sensibilité européenne, ausculte avec raffinement la question du pouvoir, donne forme à ses symboles, déplace et mixe dans un écrin sophistiqué à la fois les peurs et la fascination suscités par la « Victoria Interceptor ». Avec cette proposition il joue sur notre ressenti, nous livrant la promesse d'un pouvoir asservissant, d'une vulnérabilité accessible à tous. 

Texte de Robert Wysocki (Artiste plasticien, Director of the School of Art Syracuse University, NewYork) Site web

Exposition "Victoria", Chez-robert.com